Comment aborder la pratique du Qi Gong ?

Il y a quelques mois de cela, je vous ai partagé un article sur « faire de son quotidien le Tai Ji Quan » , aujourd’hui je vais reprendre cette idée en l’abordant avec un regard qui vient du Qi Gong ou plus exactement de l’année passée en Qi Gong Thérapeutique avec maître Zhang Ming Lian.

Avec les années de pratique il est de plus en plus difficile de consacrer sa journée à la pratique des différentes formes apprises que ce soit en Qi Gong, en Tai Ji Quan et/ou toutes les pratiques qui s’y rattachent.
Faire des choix s’imposent.
En écrivant cela je me demande si ce n’est pas en fait quelque chose qui se met en place naturellement en fonction de mon évolution personnelle, voir de mon niveau de pratique plutôt qu’une obligation de choisir une méthode plutôt qu’une autre ?

Les lignes qui suivent ne viennent en rien contredire ce que j’ai écrit dans mon dernier article « Pratiquer, pratiquer pratiquer » , la pratique prend des formes multiples et ne se résume pas à une forme corporelle. Une partie de moi reste connectée.

Le temps des vacances est toujours pour moi un temps de pause, de maturation. Le rythme de ma pratique se transforme, je me libère des contraintes liées à mon agenda . J’éprouve le besoin de liberté et de solitude , de retour sur moi. Plus de contraintes sauf celles que je m’impose avec enthousiasme et qui me procurent de la joie et de la satisfaction.
Et de cette pause, j hésite sur le mot juste car c’est aussi un temps ou je me pose, émerge petit à petit une force nouvelle. J’aime l’image de la graine qui attend le printemps pour germer et qui a eu besoin du froid de l’hiver pour lever sa dormance. Le repos imposé par ces quelques semaines estivales me donne plus de force pour revenir à quelque chose de plus cadré. Toujours ce besoin de nourrir le Yin pour dynamiser le Yang.

Les étapes pour aborder le Qi Gong :

Première étape de la pratique : Porter l’attention sur la forme du mouvement.

Pour tout il y a un début c’est l’édification d’une base qui va partir du corps, nous construisons sa structure, ce peut être pour certains la phase laborieuse du travail celle qui demande de se mettre en route et qui met en difficultés quand le corps est maladroit, avec des problèmes de latéralisation, de manque de souplesse, de fluidité… ou à l’opposé la phase compulsive voir boulimique d’apprendre quelque chose de nouveau, où l’on retrouve ce besoin de combler, de posséder plus, d’Avoir. Avec ce trop plein de désirs jamais satisfaits qui prennent le pas des véritables besoins. Et heureusement pour la majorité d’entre nous nous oscillons entre ces deux phases cherchant l’équilibre dans ce grand déséquilibre.

Deuxième étape de la pratique : Ouvrir les espaces internes.

Nous entrons progressivement dans le Qi Gong. Le corps se transforme. Un regain de vitalité se fait sentir, des douleurs peuvent s’estomper voir disparaître, le regard change, la peau  se transforme…..Les mouvements favorisent la circulation du Qi.

Troisième étape de la pratique : Contempler

Cette étape en soi n’en est pas une car elle se retrouve dans toutes, c’est l’observation, la contemplation, GUAN, pendant la pratique avec le travail du Cœur.Il s’agit d’une étape qui permet aussi de différencier le Qi Gong d’une autre activité physique.  A partir du moment  où l’on parte un temps soi peu son attention à ce qui se passe dans le corps, à travers cette contemplation tous les gestes du quotidien deviennent des mouvements de Qi Gong.

Quatrième étape : Se découvrir

A ce stade on se connaît, on est dans l’état de Qi Gong. C’est l’étape qui finalement contient en elle toutes les étapes.. Nous l’effleurons, la touchons, elle nous échappe inlassablement  nous  continuons comme le va et vient des vagues sur la mer  qui caresse la plage.

Ce qui nous intéresse et qui va nourrir notre quotidien ce sera l’observation de notre façon de traverser notre quotidien, nos épreuves, nos émotions, comment nous bougeons…. Nous pouvons analyser tous ces phénomènes au travers de notre pratique. Nous découvrirons que tout existe déjà dans notre quotidien rien n’est à rajouter rien n’est à enlever tout est à relier avec l’ouverture du Cœur.

La présence à l’instant, dans la façon de faire un geste qui nous semblait « automatique », banal lui donnera une puissance nouvelle, celle que nous pouvons percevoir dans un cours et que finalement nous avons chez nous.Notre réaction face à une situation  conflictuelle nous permettra d’appréhender notre niveau émotionnel sans jugement.

Tous les mouvements de notre vie peuvent être ainsi analysés en fonction de ce que l’on a appris en Qi Gong en les décomposant. Une approche accessible  pour la majorité d’entre nous sera celle de reprendre à chaque fois  un travail  partitif des articulations, du corps, que l’on peut dissocier et recombiner de multiples façons.

C’est ainsi que tout un programme s’ouvre à chacun d’entre nous, se personnalise, se réinvente, ouvrant la porte vers de nouvelles expériences, sensations, aventures….

A votre tour :

J’aimerai bien savoir comment vous faites avec toutes les formes que vous avez apprises ? Et si vous choisissez comment vous choisissez ? Suivant quels critères ?

N’hésitez pas à partager vos expériences dans les commentaires ci-dessous.

 

P1040875 » Oser la simplicité
S’enraciner
Se laisser porter par le vent  »

 

 

8 Des réflexions sur “Comment aborder la pratique du Qi Gong ?

  1. bonjour,
    j’ai 66ans, de Besançon,et je pratique depuis 2ans en suivant un cours, et depuis plus d’un an chez moi,presque tous les jours,et a chaque fois la posture de l’arbre,les 8 pièces de brocard,et des étirements (je me base sur 1h1/2 par seance).Rien d’autre. Petit a petit le corps s’assouplit et devient malléable c’est une sensation étrange de ressentir le corps de cette façon la, inconnue jusqu’alors.jai appris les 8 pièces avec le bouquin de y.requena(a la découverte du qi gong).
    Il y a 1 mois,j’ai découvert le livre du dr yang jwing-ming(8 exercices simples de chi-kung,les 8 pieces de brocard), j’y ai trouvé une nouvelle étape a expérimenter, concernant le moyen d’appréhender le chi dans le corps….mais comme j’hésite à le faire seul, ma prof est d’accord de me faire une séance particulière de 1h 1/2 par mois afin de me guider.
    Quand aux maitres. Ou sont ils? qui sont ils?comment en trouver un?
    A coté de ça, je lis beaucoup, durckeim m’a beaucoup aidé dans la compréhension de ce qu’est l’exercice(pratique de la voie interieure), le dan tian(hara,centre vital de l’homme) et coté méditation,parmi plein d’autres(on est foutu,on pense trop de serge marquis).
    Etant chretien et lisant des choses de ce coté la, j’ai eu la surprise de tomber sur un livre de annick de souzenelle (le symbolisme du corps humain) qui fait un parallèle saisissant entre des textes de la bible (genese,job,etc..) et le corps humain, en s’appuyant aussi sur la tradition chinoise.la préface d’ailleurs est écrite par un acupuncteur.
    Vous avez compris,le qi gong me passionne, pour le corps,mais aussi pour l’esprit, (tao)
    Merci pour ce blog que je trouve tellement sincère et rempli de simplicité
    Jean luc

    • Bonjour Jean Luc

      Merci pour votre témoignage

      Au vue de ce que je lis vous avez trouvé une voie qui va vous permettre de rencontrer les bonnes personnes,
      N’hésitez pas à parler autour de vous de votre pratique,
      Partager est le meilleur moyen de progresser.
      Souvent nous sommes remis en question par nos professeurs, nos élèves, nos collègues, les maîtres quand nous avons la chance d’en rencontrer mais aussi nos proches qui sont aussi à leur façon des maîtres.
      Vous voyez cela en fait du monde autour de nous pour progresser!

      Une passionnée qui se cherche

      Dominique

  2. dans la pratique individuelle je suis moins sereine quand groupe le fait de pratiquer seule j ai le sentiment de mal faire dans le sens ou je ne ressent pas le tchi circuler dans mes mains trop a penser si je fais bien qu étant en groupe je suis mon prof et tout va je me sent détendue sereine le chi je ne le sent toujours pas circuler juste dans mes mains le pourquoi je ne sais pas cela fait 7 ans que je pratique t’ai chi et Qui gong a raison de 2 heures par semaine pouvez vous me donner des conseil

    • Merci Nicole pour votre témoignage
      je viens de vous répondre et ne retrouve pas le texte sur le blog !!!
      alors je vais rependre en quelques mots ce que je vous avez écrit
      Qu’est ce que le QI?
      Comment savoir si ce que nous ressentons c’est le Qi ?

      Quand vous pratiquez, observez ce qui se passe dans votre corps, vos sensations . Ce sont elles qui vont vous mettre sur la voie
      Surtout ne cherchez pas à comparer avec vos collègues ou votre enseignant, nous sommes tous différents
      Parlez avec votre enseignant, il doit pouvoir vous accompagner dans votre recherche c’est aussi cela le rôle de l’enseignant
      Même si vous ne ressentez rien c’est bien car vous avez pris la peine de vous observer
      La pratique en groupe est porteuse, la force du groupe nous soutien dans notre pratique. Cependant nous pouvons être plus passif si nous ne sommes pas vigilant.
      La pratique seule donne une grande liberté, je vais là où je veux comme je veux. Je suis mon propre guide.
      Les deux me sont complémentaires

      Belle pratique sur ce chemin riche en expériences

  3. On dit qu’un bonheur n’est réel que s’il est partagé. C’est ce que je ressens dans la pratique du qi gong et du tai chi. Pratiquer à plusieurs, c’est se fondre en une seule âme dans une pratique qui va au delà du simple mouvement. C’est sentir autour et au sein du groupe un nuage d’harmonie.
    En pratiquant seule, je retrouve une part de cette justesse, dès que le corps bouge dans une unité et la paix de l’esprit.
    Je n’ai pas vraiment l’impression de choisir les mouvements que je vais pratiquer, ils se présentent à moi selon mon état d’esprit ou mon envie. Il me vient quelques fois l’idée de travailler « les 1000 mains du Bouddha » ou le « tai chi qi gong » ou encore le « I jing qi gong » ou ne serait-ce que quelques pas de marche du tai chi. Et je te rejoins dans l’idée que, quel que soit le mouvement ou l’enchaînement l’harmonie peut s’installer.
    Cela vient, à mon sens, de l’unité du mouvement, de la liaison entre le haut et le bas, de la conscience que nous mettons dans les gestes. Et du bonheur que nous en éprouvons.

    Colette

    • Bonjour Colette
      Finalement la question pourrait être qu’est ce qui nous pousse à pratiquer tel ou tel mouvement? Qu’est ce qui se cache derrière se besoin d’Harmonie, d’Unité?
      Ce n’est pas la quête du Graal mais cela se rapproche d’une quête spirituelle.
      Et pour moi, elle doit passer aussi par un travail corporel
      Je vais laisser murir l’idée et y reviendrai surement un de ces jours
      Au plaisir de pratiquer ensemble
      Dominique

      • En naturopathie, on dit que le spirituel, c’est la quête de l’individualité. Qu’est-ce qui nous caractérise et n’appartient qu’à nous ?

        La réponse à ta question ne peut être qu’individuelle et ne correspondre qu’à la personne interrogée.
        Quel intérêt de savoir ce qui pousse l’autre à pratiquer tel ou tel mouvement ?
        Ce qui a, à mes yeux, beaucoup plus d’importance c’est, non pas de savoir ce qui me pousse à pratiquer mais ce qui se passe dans mon corps lorsque je pratique. On peut apprendre des tas de qi gong différents, cela nous enrichit mais, au final, ce qui compte, c’est ce qui se passe en moi. Plus on expérimente de qi gong différents, plus on évolue dans sa pratique puisque le but du qi gong est d’apprendre à se connaître et à reconnaître l’univers infini qui nous habite.